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PS 38 isère Section de La Tour du Pin

Socialisme ou barbarie ? Le changement…

Au moins la situation est-elle claire. Dix-huit mois après l’annonce de sa candidature à la Présidence de la République, François Hollande dispose aujourd’hui d’à peu près tous les pouvoirs. Des pouvoirs qu’aucun autre chef d’État ou de gouvernement n’a aujourd’hui en Europe, tant le présidentialisme de nos institutions est puissant. 40 jours après l’avoir porté à l’Elysée, les Français donnent au président socialiste les moyens de mener ses réformes. François Hollande se trouve donc parfaitement armé pour tenter de tenir sa promesse, à savoir être le président de la sortie de crise… Il lui est beaucoup donné et il lui sera donc peu pardonné.

Il y avait trois enjeux aux élections de 2012 : chasser Sarkozy et la majorité UMP, constituer une majorité de gauche et enfin engager une autre politique conforme au projet des militants socialiste, conforme aux attentes sociales, citoyennes, démocratiques.

Après sa large victoire aux élections législatives, car c’est bien d’une vague rose qu’il s’agit, notre Parti contrôle désormais l’Assemblée nationale, le Sénat, l’Elysée, une majorité de grandes villes, de régions et de départements. Une situation inédite dans l’histoire récente de la France.

L’Assemblée rose

Avec 314 députés sur 577, le Parti socialiste (Majorité présidentielle) détient la majorité absolue à lui seul, ce qui lui permet de gouverner même sans l’appui de ses alliés. Plus largement, la gauche décroche un record absolu en nombre de sièges avec cette élection. 343 sièges, contre 319 sièges en 1997. En 1981, la gauche totalisait 329 sièges (mais sur un total de seulement 491 députés à l’époque).

Sénat rose

La reconquête parlementaire avait commencé dès septembre dernier avec la prise du Sénat. Fort du rejet de la politique de Nicolas Sarkozy, le PS avait décroché la majorité absolue dans la haute assemblée. Avec ce Sénat rose, François Hollande obtient ce qui avait manqué à François Mitterrand, qui avait souvent pesté contre ces sénateurs qui l’empêchaient de mener ses réformes aussi loin que possible.

Territoire rose

Sur le plan local, en mars 2008, la nette victoire aux élections municipales a permis au PS de prendre le contrôle de 25 villes de plus de 100.000 habitants (contre 12 à la droite). En 2010, le PS a remporté les élections régionales et les cantonales. Aujourd’hui, le PS détient toutes les régions de France métropolitaine sauf une, l’Alsace et 58 départements, contre 42 à la droite.Cette victoire du PS est bien sûr une bonne nouvelle pour tous ceux qui souhaitaient enfin sortir de dix-sept années de présidence de droite.

Mais la gauche n’aura pas la majorité des 3/5e au Congrès, soit 555 parlementaires. Cela ne signifie pas qu’il lui sera impossible de réviser la constitution, mais si elle tient absolument à le faire (c’est-à-dire, à respecter les promesses du candidat Hollande) elle devra pour cela emprunter la voie du référendum, en prenant alors un risque, celui de se soumettre à la grande incertitude de la démocratie…

Avec une telle domination, le PS se retrouve aujourd’hui face à ses (très grandes) responsabilités. Il doit redresser un pays en crise économique aigüe, dont la population attend beaucoup du nouveau pouvoir. Une tâche qualifiée d' »immense » par le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault.

Changer

Mais Il y a un décalage grandissant qui dit aussi, à sa manière, toute la profondeur de la crise de la représentation politique car cette majorité absolue en sièges a été acquise dans un contexte d’abstention massive! Plus de 44 % ! Du jamais vu dans une élection nationale. Cette distance, ce désintérêt ou ce refus d’un type de scrutin jugé inutile devrait inquiéter au plus haut point les responsables politiques. Ce dimanche soir, personne n’a évoqué ce qui est bel et bien le retrait choisi et voulu par les citoyens d’un jeu politique perçu comme inutile ou sans enjeu. Retenons ces chiffres : l’abstention concerne 60% des personnes vivant dans un foyer dont le revenu est inférieur à 1200 € par mois mais seulement 39% des familles aux revenus dépassant les 4500 euros mensuels. les pauvres boudent très massivement les urnes tandis que les nantis ont garanti un plébiscite factice au PS. Un cas d’école que ces législatives donc, puisque le niveau inégalé d’abstention sur-détermine le poids des votants, souvent socialement et économiquement « intégrés », autant dire naturellement ouverts à la mondialisation. Force est ainsi de constater que ces élections se firent formellement par et pour le peuple… mais… sans lui. La forte abstention oblige à s’interroger sur les réformes institutionnelles nécessaires depuis la mauvaise idée d’inverser le calendrier des législatives et de la présidentielle. Elle nécessite aussi de redonner confiance et crédit dans l’action politique comme outil permettant de changer la vie. Dans un premier temps ce pourrait être l’occasion de proposer une série de réformes ayant le mérite de ne pas coûter d’argent comme le mariage pour tous et l’homoparentalité, la réforme du conseil supérieur de la magistrature, la suppression de la cour de justice de la République, le vote des étrangers et d’autres mesures ayant trait au financement des partis politiques, à la morale publique ou aux nominations. Quant à la situation économique et sociale, personne ne peut encore dire comment le gouvernement et la majorité parlementaire se comporteront, tant dans la gestion de la crise européenne que dans la capacité de réaction aux événements, même si en répondant aux attentes sociales, c’est le soutien populaire qui sera gagné. Et c’est une nécessité politique. Cette mobilisation va s’avérer indispensable pour affronter le monde de la finance. Un coup de pouce sur le Smic, aux retraites, au pouvoir d’achat, le contrat de génération et le redressement productif suffiront-ils à contenir la vague d’austérité européenne ? Car le pouvoir économique reste aux mains des capitalistes. Pour s’opposer aux marchés financiers, aux gouvernements de droite majoritaires aujourd’hui dans l’UE et ne plus subir la domination des banques et autres spéculateurs financiers comme François Hollande s’y est engagé, il faut s’assurer du soutien populaire. Au-delà des positions affichées, il faut ouvrir le débat. Il ne s’agit pas de s’unir pour s’unir, mais bien d’exprimer une volonté commune de réorientation de l’Europe et de réponse aux attentes sociales. Ces exigences justifient un front de toute la gauche, sur la base d’un accord politique car une gauche unie autour d’un programme commun renforcerait le soutien populaire dans la durée, et serait un signe fort face aux pressions des droites européennes et des spéculateurs financiers. Résister au lobbying de la finance, souvent conduit par des hauts fonctionnaires tous formés dans les mêmes écoles, pur produit de la société « capitaliste et démocratique », chargé de poursuivre la guerre sociale et économique menée par la droite par d’autres moyens. Du sondage au groupe de pression, de la campagne publicitaire pour faire consommer ou pour faire écran, de l’élaboration de la législation à son encadrement au plus haut niveau étatique, leurs techniques sont extraordinairement créatives et les grands médias très complaisants…

Il nous reste à transformer notre parti désormais ultra-majoritaire en un parti moderne, ouvert à la société civile, exemplaire du point de vue éthique et capable d’oser, d’impulser, d’accompagner et d’amplifier le changement !

Car si le temps des élections s’éloigne… La joute électorale elle n’a pas fait disparaître la crise sociale qui s’aggrave de jour en jour pour des millions de travailleurs et de travailleuses, salariés ou indépendants, avec ou sans emploi, précaires, ou à temps partiel imposé… qui, lorsqu’ils et elles ne sont pas en butte aux licenciements pour gaver plus encore des financiers repus, vivent de plus en plus mal de leur travail, y souffrent, quand ils et elles n’ont pas basculé sous le seuil de pauvreté. Un système capitaliste toujours plus avide de profits, quitte à détruire l’écosystème, met la planète en lambeaux…Le troisième enjeu de la séquence électorale est devant nous. Un chômage au plus haut depuis 15 ans, des prévisions alarmantes pour l’économie française en 2012, et une croissance revue à la baisse bref une économie à l’agonie… Il faudra la mobilisation du gouvernement, de l’Assemblée et de toute la société pour prendre les mesures sociales et économiques qu’exigent tant les souffrances du monde du travail que la mise au pas indispensable du monde de la finance.

La crise économique, financière, sociale et écologique a de sérieux airs de crise de civilisation. Et si nous refusons d’entendre ces revendications ce sont, comme déjà un peu partout en Europe, les partis d’extrême-droite qui se tiennent en embuscade, prêt à prospérer sur le terreau de la misère et de la démagogie.

Laissons la parole aux militants et laissons les choisir leur premier secrétaire!

Plus que jamais la question centrale reste : « socialisme ou barbarie ? »

Le quinquennat Hollande commence… MAINTENANT

Liens.

Journaux et blog : Marianne, Mediapart, Le Monde, les Faux Moneyeurs, Alternatives Economique, les Echos, La Tribune, Le Nouvel Economiste, le Monde Diplomatique, Causeur, Agoravox, Libération , Atlantico, Democratie et socialisme et d’autres blogs au fil de mes lectures…

A. C.  (je ne sais RIEN mais je copie/collé/dirai TOUT)

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