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PS 38 isère Section de La Tour du Pin

Congrès de Poitiers : pour qui, pour quoi?

    CONGRES…

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une_jauresA Poitiers, les socialistes s’apprêtent à vivre un congrès à risque : celui d’apparaître pendant trois jours comme un objet dépourvu d’intérêt qui n’a pas grand-chose à dire. Changement de statuts oblige tout s’est joué avant. Avec 29 %, la motion B a droit à 58 sièges au BN (sur 204 + 102 1er Fed), à répartir entre le courant Maintenant la gauche d’Emmanuel Maurel, Un Monde d’avance de Benoît Hamon et les députés frondeurs. Avec le résultat des élections au congrès nous avons perdu toutes illusions de pouvoir rapidement changer le Parti Socialiste de l’intérieur. La stratégie unitaire de la motion B qui espérait idéalement faire jeu égal avec la direction, a échoué. La déception est grande. La motion A a mobilisé ses cadres et nous avons vu débarquer dans les bureaux de vote de nombreux adhérents fraîchement mis à jour de leurs cotisations et absents de la vie politique du parti. De notre côté, nous ne pouvons que constater l’érosion de nos partisans qui ont petit à petit déserté nos rangs désespérés par la politique du gouvernement.

 

Quel impact des défaites PS aux différents scrutins intermédiaires ?

4648247_ko3b9809_545x460_autocrop La défaite aux élections départementales a créer un délitement de l’organisation. Nous sommes un parti d’élus locaux, basé notamment sur les maires. Et l’échec aux départementales est survenu après la saignée des municipales, où notre parti avaient perdu un tiers des villes. Jamais un parti n’avait subi une telle défaite aux élections locales depuis 1945. Après les maires beaucoup de conseillers généraux se retrouvent sur le carreau. Et ce sont eux, avec leurs collaborateurs, leurs « attachés(es) parlementaires » qui bien souvent font vivre les sections locales du PS. Si ce scénario se répète en décembre prochain, aux régionales, il ne va presque plus rien rester du parti! Les conseils régionaux emploient aussi beaucoup de cadres du PS. Et hélas la défaite, accentuée par le mode de scrutin de listes, est probable.  Pour l’éviter nous devons trouver la réponse à comment rassembler à gauche? Comment faire revenir les abstentionnistes, les dégoutés? Et ce ne sera guère possible sans « le changement » promis en 2012, sans d’autres orientations socio-économiques  proposées par le PS et actées par le gouvernement.

 

Est-ce un échec pour la motion B ?

Le Parti socialiste est un parti de cadres où 60% de ses membres sont des élus ou des collaborateurs d’élus. Dans leur grande majorité, ces derniers qui tiennent et animent les sections locales, ont préféré parier sur l’unité du parti en soutenant la motion A. Cela explique en très grande partie les bons scores de la motion de Jean-Christophe Cambadélis. A l’inverse, la motion B de Christian Paul a pâti de la fuite du PS des adhérents les plus à gauche. En désaccord avec la ligne économique portée par le gouvernement, ils ont quitté le navire ou alors ils ne se sont pas déplacés. Les 30 % de la motion B restent un score honorable si l’on considère la crise politique que traverse le parti. Il n’en reste pas moins que nous sommes minoritaires et que nous ne pouvons engager un rapport de force pour combattre la ligne Valls. Les tentatives de changement du PS de l’intérieur, comme le préconisent Paul et Baumel, n’ont pas été jusqu’ici vraiment efficaces et convaincantes. Il suffit de se rappeler le peu d’avancées que Benoît Hamon avait réussi à obtenir après son ralliement au courant majoritaire dans la foulée du congrès de 2008. Alors quelle attitude adopter ? Nous ne pouvons pas nous résigner à faire de la figuration, sinon que restera-t-il de notre base militante après la déroute envisageable des régionales et cinq ans de social libéralisme en 2017 ? « Quitter le PS ou rester ? », c’est la question que se posent beaucoup de socialistes. Le Bureau politique de la motion B s’est réuni Lundi et a pris la décision de ne pas démissionner de la vie du parti. Mais tout le monde est conscient qu’il va falloir construire une alternative, trouver un débouché politique à notre engagement. Cela mérite réflexion.

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Dissensions internes et résultats motion A

Defaite-du-PS-dans-l-Aube-les-militants-tres-inquietsLa victoire de Jean Christophe Cambadélis est une victoire à la Pyrrhus. Celui-ci hérite d’un Parti socialiste en totale décrépitude, coupé de sa base sociale. Mais le véritable enseignement de ce congrès, c’est la faible participation des militants pour le vote des motions qui fixe l’orientation politique du PS. Seuls 70.000 adhérents se sont déplacés.  Cela confère au PS une légitimité extrêmement basse. Il est vrai que la base électorale du parti a subi une forte hémorragie. Le chiffre officiel de 140.000 totalise les adhérents, qui souvent ne militent pas. Mais seulement 60.000 militants sont à jour de cotisation. Le parti socialiste n’est plus du tout en phase avec la société française. Tout comme il n’est plus en prise avec les intellectuels, les associations, les syndicats… Il est aujourd’hui recroquevillé sur lui-même et vit dans un entre-soi. Le bon score de la motion A n’augure pas d’une sortie de crise pour autant. Nous, motion B allons veiller à lui rappeler les propositions contenues dans sa motion, par ailleurs critique à l’égard du gouvernement. En un mot ceux qui se veulent les gardiens  du discours du Bourget de 2012 où François Hollande avait tenu des propos très à gauche, ne vont pas se taire. Par exemple, ils vont pousser le gouvernement à lancer la fusion de l’impôt sur le revenu et de la CSG, l’une des mesures phares de la motion A, signée par les membres du gouvernement.

Dès son élection Jean-Christophe Cambadélis a appelé à une grande alliance populaire en invitant toute la gauche à y participer. Mais pour rassembler une gauche morcelée il faut discuter des bases sur lesquelles cela est possible et ne pas se limiter à des places sur des listes électorales. C’est avec toute la gauche politique, syndicale, associative, citoyenne qu’il faut engager ce débat. imagesRéforme fiscale, pouvoir d’achat, nouvelle loi bancaire, conditionnement des aides aux entreprises, logement… paraissent les bases minimales d’une grande alliance pour faire face au bloc réactionnaire de droite et au front national. Engager les discussions à tous les niveaux sur un pied d’égalité est la méthode qui convient et qui permettrait à des collectifs de se construire sur tous les territoires. C’est la proposition qui pourrait être faite, dès le lendemain du congrès socialiste. Cette démarche permettrait de reconstruire l’espoir, ce serait de donner des signes forts. Il ne peut y avoir de recours au 49-3 au moment du retour à l’Assemblée nationale de la loi Macron. Il faut donc construire à gauche un accord en rejetant fermement ce que la droite a proposé au Sénat mais aussi en revenant sur toutes les dispositions qui affaiblissent le droit du travail.

Et pour demain…

« Je n’ai jamais séparé la République des idées de justice sociale, sans laquelle elle n’est qu’un mot. » Jaurès.

Il ne faut pas se décourager mais consolider nos positions en agissant. Quelle forme doit prendre notre engagement pour que notre action ait du sens et fasse preuve d’efficacité ? Rassembler nos forces et bâtir un courant politique attractif qui pèse au sein du PS et dans le paysage politique, est un préalable. En serons-nous capables ? Nous sommes les héritiers d’une tradition de gauche et les 20 000 militants qui ont voté pour nous ne sont pas une base négligeable. Ce sont des débats que nous devons engager très rapidement, si possible avant la grande « hibernation » estivale…

A. C.

(je ne sais RIEN mais je copie/collé/dirai TOUT)

.Largement inspiré par Frederic Lutaud, membre du BN.

 

Journaux et blog :  Marianne, Mediapart, Le Monde, les Faux Moneyeurs, Alternatives Economiques, les Echos, La Tribune, Le Nouvel Economiste, le Monde Diplomatique, Causeur, Agoravox, Libération, les inrocks L’argent dette de Paul Grignon, (Bankster) Jean Claude Drouin, Attac, Henri Pena-Ruiz,  Marc Jutier , Démocratie et Socialisme, Marie-Noël Lienemann, Christian Paul, motion B, Frédéric Lutaud et bien d’autres…

 

Une réponse à Congrès de Poitiers : pour qui, pour quoi?

  1. Cordier
    05 Juin 2015
    11 h 10

    Selon les resultats et surtout la prise de position des leaders nationaux, tant de la majorite que des notres….il serait enfin temps au vu des 20000 adherents qui ont vote pour nous et auxquels nous pourrions ajouter au moins autant sinon plus d’adherents ne s’etant pas manifestes depuis l’abandon du discours du Bourget….il serait temps de créer une nouvelle force…..un NPS en allant jusqu’au bout. A cela deux conditions, que les cadres actuels de la motion B osent franchir le pas et ne s’accrochent pas a leurs postes actuels (ou osent faire ce que certains elus ont fait au moment de la creation du PG…..c’est une solution)….oser faire ce qui se fait aujourd’hui en Espagne avec les gauches decus du PSE…..Il est grand temps d’oser! Roger Cordier

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